Lundi 2 juin 2008
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Afin de préparer son congrès national de décembre, le Parti communiste a organisé
trois rencontres nationales, dont la première a eu lieu samedi.
Quelle analyse faites-vous aujourd’hui de la situation délicate du PCF? Il ne faut pas se voiler la face, la gauche est dans un sale état et le PC, dans un contexte de bipartisme, a du
mal à exister. Nous devons retrouver une légitimité nationale au niveau de notre projet. Il y a en plus, en ce moment, une situation qui nous appelle à avoir de l’ambition, puisque le PS
essaie de nous expliquer que le positionnement à gauche est dépassé. Le PC doit donc avoir l’ambition d’être le parti repère à gauche.
L’image un peu vieillissante du PCF ne concourt-elle pas à cette situation?
C’est vrai, nous avons un problème d’image et nous devons donner davantage à voir cette nouvelle génération d’hommes et de femmes qui a pris des responsabilités au sein du parti. Je vais
agir dans ce sens. Je me rends mardi au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) parce que cela passe aussi par les médias, et nous y sommes, à mon sens, sous-représentés. Il faut
également renouveler notre direction. La modernité ne doit pas être seulement sur les visages, mais aussi dans le projet que nous portons.
Comment comptez-vous moderniser le parti?
Nous avons besoin aujourd’hui d’innover et que dans chaque ville, chaque quartier, chaque entreprise, il y ait des débats d’idées ! Les gens n’attendent plus d’un parti qu’il leur dise
comment penser mais qu’il leur donne les clés pour comprendre la société et leur fasse des propositions. Et cela demande aussi de travailler avec les autres forces de gauche. Je vais donc
appeler les socialistes, les Verts et tous ceux qui se retrouvent dans un discours progressiste à participer à ces rencontres populaires pour construire une véritable alternative à
gauche.
N’est-ce pas ce que veut faire Olivier Besancenot, le porte-parole de la LCR?
Non, Olivier Besancenot veut créer un parti anticapitaliste et il n’arrête pas de cogner sur tout ce qui n’en est pas! Je pense au contraire qu’il ne faut pas avoir cette attitude
d’isolement mais travailler tous ensemble! Qu’est-ce qui vous fait continuer le combat aujourd’hui? Beaucoup de choses me révoltent, comme de voir d’un côté des retraités qui se privent
d’un repas sur deux et, de l’autre, cet argent qui s’accumule dans les salaires des grands patrons. Le jugement de Lille, portant sur le choix intime d’une femme [voir «en bref» sur le
mariage annulé pour non virginité, ndlr] me révolte aussi profondément. Face à cela, je me dis que, même si on peut être découragé lorsqu’on milite depuis des années, eh bien!, ce combat
pour le changement, il faut le mener.
Face aux scores en chute libre, notamment à la dernière élection présidentielle (1,93% des voix), le Parti communiste français (PCF) tente une remise en question. Trois rencontres
nationales ont été programmées, dont la première a eu lieu hier au siège parisien du parti. Sur le thème «Quelle analyse du monde aujourd’hui?», sa secrétaire nationale, Marie-George
Buffet, revient sur les raisons supposées de l’échec d’un parti vu comme vieillissant. Pour mieux repartir à la conquête de la «vraie» gauche et profiter du virage «libéral» du PS.
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Que proposez-vous pour ramener le prix de l'essence à de plus justes proportions ?
Il faut d'abord regarder les raisons d'une telle augmentation ! Chaque année, Total réalise des bénéfices équivalents au tiers du total des dépenses de carburants en France ! La raréfaction du
pétrole est un fait, mais la spéculation est énorme. Les taxes représentent 2/3 du prix d'un litre. Je propose un prix maximum à la pompe et une diminution de la TIPP. Il faut aussi lancer un
plan d'urgence pour développer les transports publics et financer ces mesures par une taxe sur les profits des compagnies pétrolières.
Comment réduire le déficit de l'État sans toucher aux revenus des classes moyennes et des plus démunis ?
Il y a en France, une grave crise du pouvoir d'achat et le gouvernement disserte sur le déficit public, c'est irresponsable ! Le mot salaire est devenu tabou pour Nicolas Sarkozy. Pourtant c'est
la clé. Les patrons du Cac 40 ont été augmentés de plus 50 % en un an, les profits crèvent les plafonds donc, il y a de l'argent. Agir pour des emplois stables et augmenter les salaires
relanceraient la croissance. Existe-t-il des similitudes entre Mai-68 et mai 2008 ?
En mai 68, les luttes ont permis une augmentation du
salaire de 30 %, plutôt que d'appeler à la liquidation des acquis de 68, le Président de la République ferait bien de s'en inspirer.
À gauche, le débat sur la présidentielle focalise sur le duel Royal-Delanoé. Êtes-vous favorable à des primaires à gauche ?
Nous sommes en 2008, en un an, le bilan de la droite est catastrophique. On ne va quand même pas passer les quatre prochaines années à attendre ! Les récentes déclarations de certains au PS sur
le libéralisme m'inquiètent, elles sont porteuses d'échec. La gauche ne se résume pas au PS et nous avons besoin d'un projet marqué à gauche.
Faut-il créer un grand parti de gauche qui rassemblerait PCF, Verts, radicaux, MRC et PS ?
Mais pourquoi vouloir résumer la gauche à un casting ! L'échec de la gauche est dû à l'absence de véritable projet. On ne peut pas larguer la notion de gauche, parler de libéralisme et espérer
réussir. Le PCF a décidé d'engager un travail de fond en vue de notre congrès à la fin de l'année. Notre objectif : être une grande formation nationale et populaire, un parti qui porte de grandes
réformes de gauche. Sébastien Marti
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